SABRES JAPONAIS D'EXCEPTION

 

Masamune

 le meilleur forgeron du Japon

 

Portrait de Masamune

 

Masamune, actif dans la province de Sagami (actuelle préfecture de Kanagawa) entre la fin de la période Kamakura (1185-1333) et le début de la période Nanboku-chō (1336-1392), est considéré comme le plus grand forgeron de l’histoire du Japon.  

 Son art a traversé les siècles et reste une référence pour les amateurs et experts de nihontō.  Les seigneurs féodaux de l'époque, fascinés par la qualité exceptionnelle de ses lames, étaient prêts à payer des sommes astronomiques pour acquérir ces chefs-d’œuvre, souvent transmis de génération en génération.

 

 

katana de Musashi

Lame forgée par Masamune et ayant appartenu 

au célèbre escrimeur Miyamoto Musashi

katana avec fourreau de Musashi

                  Le Koshirae de cette fameuse lame 

                               de Miyamoto Musashi

Des origines entourées de mystère

 

Bien que son lieu de naissance, Kamakura, soit indiscutable, son ascendance reste sujette à débat. 

Selon certaines théories, il serait le fils de Shintō Gokunimitsu, fondateur du style Sōshūden, ou de Tōsaburō Yukimitsu, élève de Shintō Gokunimitsu. 

L’école Shintō Goippa, à laquelle appartenait Yukimitsu, a donné naissance au Sōshūden, une école qui a révolutionné l’art de la forge japonaise. 

Cependant, les racines du style de Masamune plongent également dans le Yamashiro-den, une tradition plus ancienne qui a influencé son père. 

Sous la tutelle du maître Gyoko et lors de ses nombreux voyages à travers le Japon, Masamune a assimilé diverses techniques pour créer un style inimitable, donnant au Sōshūden une finesse inégalée.

 

Une controverse sur son existence

 

  En 1896, Imamura Nagayoshi, expert en sabres, proposa une théorie selon laquelle Masamune n’aurait jamais existé. Cette « théorie de l’oblitération » reposait sur le fait qu'aucun sabre signé de son nom n'avait été authentifié à l’époque. Cependant, des recherches ultérieures ont permis de découvrir des documents attestant de son existence et des lames attribuées à Masamune avec certitude. 

 

Les chefs-d’œuvre de Masamune

 

  Les sabres de Masamune se distinguent par des techniques avancées :

 • Jigane : Un acier de haute qualité, parfaitement épuré.

 • Nie-teki : Des effets de trempe créant des motifs semblables à une ébullition, conférant aux lames une esthétique unique.

 Parmi ses créations les plus célèbres, on retrouve :

• Le Honjo Masamune : Ce katana a été transmis parmi les shōgun Tokugawa. Il est considéré comme un symbole de pouvoir et de prestige.

• Le Musashi Masamune : Présumé avoir été porté par le célèbre Miyamoto Musashi.

 • Le Fudō Masamune : Un tantō ornementé d’une gravure représentant Fudō Myō-ō, une divinité bouddhiste protectrice.  

 

Lame Masamune

            Une des rares lame signée de Masamune, 

      la signature  dit : Propriété de Jô, Seigneur d'Izumi, 

                         façonné par Masamune

Lame Masamune shirasaya

                      Lame présentée en Shirasaya 

               exposée au musée de Steyr en Autriche.

Les caractéristiques stylistiques 

 

 Le style de Masamune repose sur la structure à la fois complexe et harmonieuse du « Sōshū-kitae », un assemblage de différents types d’acier pour optimiser la robustesse et la beauté de la lame. 

Ses lames présentent des « hamon » variés, tels que :

 • Suguha : Ligne de trempe droite.

 • Notare : Ligne de trempe ondulée.

 • Gunome-midare et Chōji-midare : Motifs plus irréguliers et dynamiques.

 Les lames de Masamune sont rarement signées (« mu-mei »). 

Cela a conduit à des théories diverses, notamment celle selon laquelle Masamune était si confiant dans son art qu’il jugeait inutile de signer ses créations, reconnaissables par leur qualité.

 

  

                                                                                                                 Tanto avec gravure sur la lame attribué à,Masamune

Wakizashi Masamune

                                                                                                            Ce wakizashi forgé par Masamune a été offert au président Truman le 4 mars 1946 dans le bureau ovale de la Maison Blanche par le général Walter Krueger. 

Le fourreau a été restauré par Kiyoharu Omino en 1975. Le tsuba, le fuchi, le kashira, le menuki et le kurigata ont été fabriqués à la fin de la période Edo par Kamada Joju. Le kozuka et le kogai sont attribués à Sonobe Yoshihide et la lame de kozuka est signée par Sukemori, Bizen Osafune (vers 1800).

Les "Masamune Juttetsu"

 

 Masamune n’était pas seulement un forgeron exceptionnel, mais aussi un mentor remarquable. Parmi ses disciples, les « Masamune Jūttetsu » (les dix grands disciples) ont joué un rôle crucial dans la diffusion de son art. On compte parmi eux :

 

1. Go Yoshihiro : Souvent considéré comme l’élève le plus talentueux, il est membre du « Nihon San Saku », les trois artisans favoris de Toyotomi Hideyoshi.

  2.  Hikoshirō Sadamune : Fils adoptif ou biologique de Masamune, il est reconnu pour avoir atteint un niveau comparable à celui de son maître.

3. Samonji (Chikushu Sa) : Célèbre pour ses tantō aux motifs flamboyants.

 4. Shizu Saburō Kaneuji : À l'origine forgeron de l’école Tegai, il adopta le style Sōshū après avoir été formé par Masamune.

 5. Kinju : Forgeron et prêtre bouddhiste, connu pour ses gravures à thèmes religieux sur ses lames.

6. Kunishige (Hasebe Kunishige) : Fondateur de l’école Hasebe, il est célèbre pour son sabre Heshikiri Hasebe, liée à l’anecdote sanglante d’Oda Nobunaga.

 7. Kunitsugu : Fils de Rai Kuniyuki, il incarne la fusion des traditions Yamashiro et Sōshū.

 8. Norishige : Ce forgeron est spécialisé dans les tantō, avec un style classique mais d'une grande sophistication.

 9. Naotsuna : Il a adopté des éléments de la tradition Bizen pour enrichir son style.

 10. Kanemitsu : Maître des lames extrêmement tranchantes, influencé par la révolution Sōshū.  

 

Une influence au-delà des siècles

 

Masamune a été loué par Toyotomi Hideyoshi comme l'un des « Nihon San Saku ». 

Son aura a perduré au fil des périodes féodales, jusqu’à nos jours. 

Le temple Hongaku-ji à Kamakura abrite une tombe présumée du maître. 

Aujourd’hui, ses créations figurent parmi les trésors nationaux du Japon et sont précieusement conservées par des musées et collectionneurs privés. 

Le musée Truman dans le Missouri, possède l'une de ses rares lames. 

 

SABRES JAPONAIS D'EXCEPTION

 

Masamune : le meilleur forgeron du Japon

 

Portrait de Masamune

 

Masamune, actif dans la province de Sagami (actuelle préfecture de Kanagawa) entre la fin de la période Kamakura (1185-1333) et le début de la période Nanboku-chō (1336-1392), est considéré comme le plus grand forgeron de l’histoire du Japon.  

Son art a traversé les siècles et reste une référence pour les amateurs et experts de nihontō.  Les seigneurs féodaux de l'époque, fascinés par la qualité exceptionnelle de ses lames, étaient prêts à payer des sommes astronomiques pour acquérir ces chefs-d’œuvre, souvent transmis de génération en génération.

 

 

katana de Musashi

                                                                                                Lame forgée par Masamune et ayant appartenu au célèbre escrimeur Miyamoto Musashi

katana avec fourreau de Musashi

                                                                                                                           Le Koshirae de cette fameuse lame de Miyamoto Musashi

Des origines entourées de mystère

 

Bien que son lieu de naissance, Kamakura, soit indiscutable, son ascendance reste sujette à débat. 

Selon certaines théories, il serait le fils de Shintō Gokunimitsu, fondateur du style Sōshūden, ou de Tōsaburō Yukimitsu, élève de Shintō Gokunimitsu. 

L’école Shintō Goippa, à laquelle appartenait Yukimitsu, a donné naissance au Sōshūden, une école qui a révolutionné l’art de la forge japonaise. 

Cependant, les racines du style de Masamune plongent également dans le Yamashiro-den, une tradition plus ancienne qui a influencé son père. 

Sous la tutelle du maître Gyoko et lors de ses nombreux voyages à travers le Japon, Masamune a assimilé diverses techniques pour créer un style inimitable, donnant au Sōshūden une finesse inégalée.

 

Une controverse sur son existence

 

En 1896, Imamura Nagayoshi, expert en sabres, proposa une théorie selon laquelle Masamune n’aurait jamais existé. Cette « théorie de l’oblitération » reposait sur le fait qu'aucun sabre signé de son nom n'avait été authentifié à l’époque. Cependant, des recherches ultérieures ont permis de découvrir des documents attestant de son existence et des lames attribuées à Masamune avec certitude. 

 

Les chefs-d’œuvre de Masamune

 

  Les sabres de Masamune se distinguent par des techniques très avancées :

 • Jigane : Un acier de haute qualité, parfaitement épuré.

 • Nie-teki : Des effets de trempe créant des motifs semblables à une ébullition, conférant aux lames une esthétique unique.

 Parmi ses créations les plus célèbres, on retrouve :

• Le Honjo Masamune : Ce katana a été transmis parmi les shōgun Tokugawa. Il est considéré comme un symbole de pouvoir et de prestige.

• Le Musashi Masamune : Présumé avoir été porté par le célèbre Miyamoto Musashi.

 • Le Fudō Masamune : Un tantō ornementé d’une gravure représentant Fudō Myō-ō, une divinité bouddhiste protectrice.  

 

Lame Masamune

                                                                                   Une des rares lame signée de Masamune, la signature dit. : Propriété de Jô, Seigneur d'Izumi, façonné par Masamune

Lame Masamune shirasaya

                                                                                                                           Lame présentée en Shirasaya exposée au musée de Steyr en Autriche.

Les caractéristiques stylistiques 

 

 Le style de Masamune repose sur la structure à la fois complexe et harmonieuse du « Sōshū-kitae », un assemblage de différents types d’acier pour optimiser la robustesse et la beauté de la lame. 

Ses lames présentent des « hamon » variés, tels que :

 • Suguha : Ligne de trempe droite.

 • Notare : Ligne de trempe ondulée.

 • Gunome-midare et Chōji-midare : Motifs plus irréguliers et dynamiques.

 Les lames de Masamune sont rarement signées (« mu-mei »). 

Cela a conduit à des théories diverses, notamment celle selon laquelle Masamune était si confiant dans son art qu’il jugeait inutile de signer ses créations, reconnaissables par leur qualité.

 

  

                                                                                                                                                    Tanto avec gravure sur la lame attribué à,Masamune

Wakizashi Murasame

Ce wakizashi forgé par Masamune a été offert au président Truman le 4 mars 1946 dans le bureau ovale de la Maison Blanche par le général Walter Krueger. Le fourreau a été restauré par Kiyoharu Omino en 1975. Le tsuba, le fuchi, le kashira, le menuki et le kurigata ont été fabriqués à la fin de la période Edo par Kamada Joju. Le kozuka et le kogai sont attribués à Sonobe Yoshihide et la lame de kozuka est signée par Sukemori, Bizen Osafune (vers 1800).

Les "Masamune Juttetsu"

 

 Masamune n’était pas seulement un forgeron exceptionnel, mais aussi un mentor remarquable. Parmi ses disciples, les « Masamune Jūttetsu » (les dix grands disciples) ont joué un rôle crucial dans la diffusion de son art. On compte parmi eux :

 

1. Go Yoshihiro : Souvent considéré comme l’élève le plus talentueux, il est membre du « Nihon San Saku », les trois artisans favoris de Toyotomi Hideyoshi.

   2.  Hikoshirō Sadamune : Fils adoptif ou biologique de Masamune, il est reconnu pour avoir atteint un niveau comparable à celui de son maître.

3. Samonji (Chikushu Sa) : Célèbre pour ses tantō aux motifs flamboyants.

 4. Shizu Saburō Kaneuji : À l'origine forgeron de l’école Tegai, il adopta le style Sōshū après avoir été formé par Masamune.

 5. Kinju : Forgeron et prêtre bouddhiste, connu pour ses gravures à thèmes religieux sur ses lames.

6. Kunishige (Hasebe Kunishige) : Fondateur de l’école Hasebe, il est célèbre pour son sabre Heshikiri Hasebe, liée à l’anecdote sanglante d’Oda Nobunaga.

 7. Kunitsugu : Fils de Rai Kuniyuki, il incarne la fusion des traditions Yamashiro et Sōshū.

 8. Norishige : Ce forgeron est spécialisé dans les tantō, avec un style classique mais d'une grande sophistication.

 9. Naotsuna : Il a adopté des éléments de la tradition Bizen pour enrichir son style.

 10. Kanemitsu : Maître des lames extrêmement tranchantes, influencé par la révolution Sōshū.  

 

Une influence au-delà des siècles

 

Masamune a été loué par Toyotomi Hideyoshi comme l'un des « Nihon San Saku ». 

Son aura a perduré au fil des périodes féodales, jusqu’à nos jours. 

Le temple Hongaku-ji à Kamakura abrite une tombe présumée du maître. 

Aujourd’hui, ses créations figurent parmi les trésors nationaux du Japon et sont précieusement conservées par des musées et collectionneurs privés. 

Le musée Truman dans le Missouri, possède l'une de ses rares lames.